Corto à Buenos Aires. Sur la trace d'une amie et de sa fille. Intrigues avec comme trame de fond les nuits de tango.
CINÉMA
Dans Frida Kahlo, Salma Hayek (Frida) et Ashley Judd (Tina Modotti, une amie proche de Frida), dansent un tango voluptueux en se moquant de la galerie.
Du film "Take the lead", Antonio Banderas et Katya Virshilas surprennent les étudiants de la détention avec un tango aguicheur sur la musique Asi Se Baila el Tango exécutée par Bailongo, un groupe argentin. Inspiré de la vie de Pierre Dulaine, professeur de danse et chorégraphe de New York.
Dans Cell Block Tango, une scène du film "Chicago", Catherine Zeta Jones et Renee Zellwegger dansent un tango qui raconte une histoire teintée d'humour noir, celle de chaque femme incarcérée à cause d'un homme.
Peintres, sculpteurs et fileteados captent chacun des moments du tango: la préparation, l'arrivée à la fête, dehors, au café du coin ou sur la place publique, dans le club, de quartier ou de luxe, tango de couple, tango de concours, tango exercice, tango qui fait un avec la musique, tango égo, tango passion qui consume ou qui béatifie, tango d'amour voluptueux, hors de toutes enceintes ou dans des milieux enchanteurs et propices à l'intimité de la rencontre bucolique de deux êtres par la danse. À tous les âges. De tous pays. Bien que dans le tango ce soit l'homme qui conduise, c'est la femme partout qui est mise en valeur. Robes, corps galbés, chevelures, mouvements, attitudes. L'homme, parce qu'il est le faire-valoir de la femme en créant des phrases musicales qui l'anime, parce qu'il est celui qui suscite l'émotion, une réponse à ses émotions, semble parfois effacé derrière son oeuvre, sa muse, mais il peut aussi pratiquer son pouvoir avec beaucoup d'assurance. Parfois l'artiste est un tanguero ou une tanguera passionné(e) qui voue toute son oeuvre au tango, parfois il est un admirateur qui s'attarde pour une étude assidue, ou parfois encore, il est celui ou celle qui ne prend que quelques clichés parcimonieux. Mais tous traduisent le tango dans toutes ses couleurs, dans toute sa splendeur!
Visionnez ce petit diaporama amateur de mon crû... Cela peut prendre quelques secondes à charger.
Puis, initialisez la musique... pour l'ambiance! La cumparsita est uruguayenne, Matto Rodriguez l'a écrit me dit Enrique Abal Oliu de Artey.com.uy. (Il était impossible de lire le diapo in sync avec la musique. Désolée pour cette approche artisanale! J'avais de bonnes intentions, 150 heures avant cela!!!
J'ai colligé pour vous quelques noms d'artistes ainsi que de possibles points de rendez-vous avec ces amoureux de ce bel art de vivre.
Au milieu du 19e siècle, la mise en place d'une politique d'immigration a vu la population d'Argentine septupler. Rapidement, il n'y eu plus de terres pour ces nouveaux arrivants: Italiens (50%), Espagnols (30%), Français (10%), Anglais (2%), quelques noyaux d'Europe centrale, et des Juifs. À la même époque, afin de répondre à des enjeux internationaux pressants, les grandes entreprises européennes s'implantèrent dans la culture économique et sociale. À Buenos Aires, mégapole improvisée, on peut imaginer la polyphonie des langues parlées, d'accents divers, de coutumes et traditions populaires importées, traduites, oubliées ou regrettées. C'est à la même époque qu'on attribue la naissance du tango. Syntaxe hispanique, tournures de phrases et intonation à l'italienne, vocabulaire d'origine quetchoua. Dans cette musique, tout est dit et raconté sur la vie affective et quotidienne sauf la nostalgie du pays, comme si un interdit venait frapper, interdit d'évoquer ce qui est perdu. Le tango c'est une étreinte entre immigrants de diverses origines, c'est une érotisation où la valeur de la parole défaille puisque confronté à un composite cacophonique de plusieurs langues. Sans racines, pareils dans le silence, sur une nouvelle terre et en quête d'aimer dans le moment présent.
Le tango est mouvement, entre amour et trahison, colère et mélancolie, un éternel jeu de cache-cache amoureux, ou une corrida tauromachiste de corps tendus au sommet de l'ivresse musicale, mais surtout un langage qui restitue toute l'énergie dévorante des émotions faces à l’abandon, l'amour, le désir, le crime, la tragédie, la peur, la colère, la douleur, le manque, l'humour, l'oubli, la pauvreté, la prison, la frustration, la société et la politique… Le tango est le cheminement d'un deuil, entre la vie, TANGO ROUGE, et la mort, TANGO NOIR. Du moins, c'est l'expression d'un changement, celui des émotions qui foisonnent en nous parce que nouvelles, bousculées ou conflictuelles. Le tango est passionlorsque deux univers en mouvement se rencontrent, s'inspirent, s'aspirent, se répondent, se conjugent et s'imbriquent avec synchronicité.
Le tango, c'est un dialogue muet, une communication étroite entre un homme et une femme. L'homme conduit par de légères pressions et inflexions tout en gardant le torse droit et dégagé, la femme répond par son corps sans un mot dit mais ne succombe pas, elle doit garder une résistance afin de maintenir la symétrie, l'équilibre du couple. Elle déploie toute sa liberté dans le jeu de jambes ou de bras à la sortie de chaque mouvement, ou est-ce de l'attisement par ses effleurements dans l'élan qui se calme ou qui se recharge. Cela demande de l'ouverture, une écoute et un ressenti qui exhume une sensualité à fleur de peau. Partage d'une grande intimité, l'espace d'un moment, sans savoir si demain sera.
Le tango aujourd'hui c'est une culture, une didactique partagée aux quatre coins de la terre.
J'explore. Par thèmes. La vie. L'Art, toujours en cause. Matière à réflexion, licence créative, rien de tabou, ni d'exhaustif. Pour le plaisir.
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