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jeudi 23 août 2007

Vacances et amusements

J'ai été témoin à la télé, bien que distraitement, d'un reportage sur les dix montagnes russes (1) les plus extrêmes au monde. Peu intéressée à payer pour avoir peur, ne recherchant pas les sensations fortes per se, mon esprit a plutôt fôlatré vers le topo de l'avènement des foires, des parcs d'amusements, des parcs à thèmes et leur histoire. Curieuse, j'ai fait une courte recherche pour en saisir les grandes lignes.

Cela part des phéniciens sous forme de marché, dit-on. Bassin d’origine des cultures romaine et grecque, on leur attribue la sophistication du langage écrit et des mathématiques qui ont favorisé le développement des échanges et des marchandages commerciaux. D'abord, il y eu de grands rendez-vous publics à fréquence donnée dans des lieux choisis. Là, se matérialisaient spontanément des marchés jusqu'à ce que l'usage régulier en fasse des quartiers d'affaires permanents. Les gens traversaient de très longues distances pour conclure des transactions, prendre des nouvelles des quatre coins du monde, retrouver de vieilles connaissances ou faire connaissance, apprendre de nouvelles techniques, posséder de nouveaux outils, partager ses récoltes et découvrir de nouvelles saveurs, relever des défis, et... s'amuser. Popularisation de la science et de la technologie (physique, chimie, mécanique - magiciens, médecine - guérisseurs et arracheurs de dents); et parallèlement foisonnement de croyances et fantaisies (discours, religieux et philosophiques, distribution d'images saintes et santons); découvertes ethnographiques (récits et artefacts d'explorateur, monstres et phénomènes - femme à barbe, nanisme, gigantisme, et autres curiosités conservée dans le formol, etc.), de la faune (zoologie) et de la flore (botanique) exotiques; évolution des arts de la scène (spectacles de danse, chansons, théâtre, magie et cirque (1, 2) - saltimbanques, jongleurs); développement du cinéma (boîtes à vue, diorama, films, vidéos, ...); ébauches de la muséologie; jeux de toutes sortes (tirs et jeux de massacres, défis et exploits, assurances, casinos, bingo et loteries); histoire criminelle et criminologie (faits divers, peines de mort, pénitences publiques, exposition des corps des criminels); ... et le développement de la prostitution par le commerce des humains, de l'esclavage (initialement la prostitution était un acte spirituel sacré accompagné d'aucun jugement pratiqué par hommes, femmes et enfants). J'allais oublier le principal: boire, manger et faire la fête!

La spécialisation de chacun de ces créneaux en unités organisationnelles et financières autonomes a provoqué un éclatement, une division de ces plaisirs. Au début, l'on semblait rechercher une stimulation plus intellectuelle que physique alors que le quotidien, exigeant physiquement, était plutôt prévisible et répétitif. Aujourd'hui, on semble chercher à vivre des sensations physiques et émotives extrêmes alors que nos vies ne manquent pas de stimuli intellectuel et de hiatus de plus en plus fréquents de la continuité de la quotidienneté. La surconsommation en tant que compensation face à la fugacité du plaisir? Ou juste une société toujours d’apparence jeune et immature, qui cache ses rides et sa sagesse comme elle cache ses vieux dans les hospices aux murs de brique? Avec tous ces paravents et ces artifices comment savoir si on existe sinon en se secouant littéralement? Hum. Serions-nous devenus moins sensibles à tous stimuli? Avons-nous perdu le sens de l'émerveillement?

Les foires, les expositions agricoles, les parcs d'amusements, les parcs à thèmes existent toujours, mais ils sont plus organisés (1, 2) que jamais, internationalement même, prenant les derniers héros médiatisés dont la mise en marché assure les entrées d’argent. Le plus vieux parc d'amusement est à Bakken au Danemark (1583). Tivoli (1), au Danemark toujours, possède les plus vieilles attractions toujours en activité (1843). Russie, Asie, Europe, Amérique du sud. Aujourd'hui, ils sont partout. Et parfois il y en a des curieux... (1, 2, ...)

Je me rappelles quand ils ont enlevé la tente des trucs étranges à l'exposition agricole de Saint-Hyacinthe (170 ans cette année!) qui a scandé les étés de mon enfance. On y trouvait tout plein de pots remplis de formol et de coups de dés de la nature. Je n’étais jamais sûre de bien voir ce que j’y voyais car c'était aussi l'époque des éclairages aux ampoules, pas aux néons encore, mais ils s'en venaient... Cette tente me faisait peur, mais je me rappelle que j'ai eu plus peur qu'il n'y ait plus de lieu pour voir ce qu'elle nous montrait. C'était particulièrement libérateur d'aller s'éclater dans un manège après avoir eu si peur sous la tente. Là, cela me paraît creux d'aller dans les manèges juste pour les manèges. Cette période de transition fut aussi l'époque où ces installations sont tombées sous le coup de la loi du bâtiment parce qu'il y avait trop d'accidents... Les prix ont augmentés, tout s'est modernisé et le plaisir, pour moi s'en est allé...

Dans le fil de mes pensées, à partir d'ici, mes souvenirs ont nettement déferlés. J’ai revu tous les points culminants des vacances passées avec mes parents : ces visites dans les foires, les parcs d'attractions, les cirques et autres endroits publics dignes de notre curiosité... Le Jardin des Merveilles (1, 2), le Jardin botanique, le Parc Belmont, le Musée de cire, le Zoo de Granby, Gaslight Village (Lake George), Storytown, Frontier Town, le Village du père Noël, Walt Disney World, Parrot Jungle, Monkey Jungle, Atlantic City's Boardwalk (1), Aquarium, Seaquarium, Ice Capades, les Harlem Globetrotters, New York's Radio City Hall, l'Expo '67, La Ronde et même Sainte-Anne-de-Beaupré et l'Oratoire St-Joseph

mardi 31 juillet 2007

Jardin - Parcours précis - Cercle

Dans l’histoire du monde, il y a quatre symboles fondamentaux : le centre (Dieu ou Homogénéité), le cercle et ses anneaux (conséquences, effets de nos créations, degrés d’être, hiérarchies crées), la croix (supplice, souffrance, pénitence), et le carré (perfection de la création).

Depuis les temps les plus reculés, les hommes se sont réunis en cercle, symbole d’unité. Le cercle est le symbole universel de la complétude. Il est visible dans le symbole chinois du Yin et du Yang, dans la Roue tibétaine de la vie et de la mort, dans la Roue celtique de l'année, dans les mandalas et dans les roues de médecines et même dans la Table Ronde du roi Arthur. Les chakras sont représentés comme des disques ou des roues d'énergie et le symbole de l'ennéagramme est enclos dans un cercle. Mouvement circulaire parfait, immuable, il symbolise le temps qui se poursuit continuellement et dans tous les sens. Dès l’antiquité, le cercle a servi à englober le temps pour mieux le mesurer, tel les babyloniens : ils l'ont divisé en 360°, décomposé en 6 segments de 60°. Son nom, Shar, désignait l'univers, le cosmos. Chez les Amérindiens du nord, le temps diurne, le temps nocturne et les phases de la lune sont des cercles au-dessus du monde et le temps de l'année est un cercle autour du bord du monde. Chez les celtes, il symbolise une limite magique. Vercingétorix au moment de sa reddition décrit à cheval un grand cercle autour de César avant de lui céder ses armes.

La configuration du village Nahalal en Israël devisée par l’architecte Richard Kauffmann, est devenu le modèle établi avant 1948 pour plusieurs parmi le moshav ovdim (communauté agricole juive zioniste où tous sont propriétaires et seul employé sur leur propre terre, tout ce qui est public est partagé). Directement au centre, on trouve les habitats; les étables dans l’anneau suivant; puis en cercles concentriques, les immeubles publics tels l’école, les bureaux administratifs et culturels, la coopérative et les entrepôts; et au-delà, des cercles grandissants de jardins et de champs cultivés.

Une curiosité : Association des villages circulaires de France ! Les jardins : Jardin du Grand-Rond (1); Round Garden Perth Ontario ; et voyez comment faire un Jardin rond. En Europe, on fait l’agriculture en cercle pour tester des récoltes.

Ne manquez pas les Fabriqueurs de cercles – époustouflant !

Jardin - Parcours précis - Spirale

Les Celtes l’ont gravé sur les Dolmens et on la retrouve sur les monuments funéraires mégalithiques. Mais à l’origine, on peut supposer que la spirale ait été inspirée par les turbulences de l’eau courante, ou par l’immersion dans les eaux de la mort ou l’au-delà.

La spirale, parcours de toute genèse, symbole universel d’involution et d’évolution, de descente et d’ascension, d’alternance entre le bien et le mal, de naissance et de mort, de mort et de renaissance, de Yin et Yang, représentent l’aspect céleste et terrestre, le féminin et masculin de toute chose. Motif qui dépeint le ciel, le cosmique, croissance et décroissance des éléments, le mouvement originel de la vie de l’Homme, signe ouvert et optimiste, représentant le développement, la continuité, il établie une relation avec les puissances surnaturelles. La double-spirale symbolise la polarité et l’équilibre de deux courants inverses d’une même force cosmique. La spirale qui dépicte l'infini.


Fernando Ortiz a écrit un épais volume sur la spirale en tant que symbole de l’ouragan dans différentes cultures et religions comparées, dans la nature, etc. Mais manifestement, la spirale c’est plus que cela, cela représente aussi un processus archétypal présent dans toute création, celui d'une énergie centripète et d'une force centrifuge coexistant en tout organisme.


Encore les mathématiques! La suite de Fibonacci, où chaque terme est l’addition des deux précédents, est rencontrée dans un nombre considérable d'éléments de la vie de tous les jours. Toute suite définie comme la suite de Fibonacci conduit au nombre d’or. Pas surprenant que l’on trouve ces termes dans le nombre de pétales observé en moyenne dans certaines fleurs : les delphiniums ont 5 pétales, les célandines en ont 8, les doubles delphiniums 13, les asters 21 , les marguerites 34 , les marguerites de Michael 55 ou 89 ...! On la trouve en géométrie dans la mesure des côtés des polygones réguliers, en génétique dans la formation des coquilles d'escargot ou de coquillages marins liée à des spirales logarithmiques, en botanique dans l’arrangement des graines de tournesol ou l’enroulement de certaines feuilles de plantes sur leur tige.


De beaux jardins spirales : l’oeuvre de Tau Grupo, une agence environnementale, un jardin d’eau éphémère au Parc Wesserling en Alsace; un beau jardin spiral de ville au Chelsea Garden Show 2005 par Carol Smith et Martin Clark Associates d’Angleterre; Kate’s spiral garden; un jardin spiral surélevé est planifié aux très beaux jardins Alnwick en Angleterre; un jardin qui facilite le jardinage pour personnes handicapées; et The spiral garden : rendez-vous pour la recherche spirituelle…

mercredi 25 juillet 2007

Jardin - Parcours précis - Dédale

Le dédale : on y entre, on s’y perd, et par chance, par sens d’observation, par mémoire ou par sens d’orientation, peut-être, selon les repères observables, on en sort.

Le dédale impose un problème à résoudre. Une sorte de pandémonium linéaire quand la confusion s’en mêle. Bien qu’il occupe une superficie donnée, ses corridors savamment planifiés sont désordonnés en longueur et en orientation. Rien de symétrique hormis les haies qui le définissent. Ils sont parsemés de cul-de-sac afin de vraiment brouiller les pistes. Quand on y déambule, nos doutes et angoisses décuplent par le nombre de choix possibles et le risque de se tromper. Quand les murs sont élevés et nombreux, claustrophobes s’abstenir. Il y a des dédales droitiers et gauchers c’est-à-dire que les deux tiers du temps, ils se solutionnent en maintenant le même sens que le premier tournant. Mais prenez garde, ce n’est pas une valeur absolue, il y en a qui vous tromperons encore et encore.

Nombreux sont ceux qui confondent labyrinthe et dédale. Un débat existe quant à savoir si la nuance entre les deux est valable ou non. Dédale est l’architecte du Labyrinthe de Crète ou de Gortyne qui abritait le Minotaure, érigé sur ordre du roi Minos (Mythologie grecque). Son labyrinthe ne devait pas avoir d’issue. Icare, son fils, a pu fuir en s’envolant. Thésée a pu sortir grâce au fil d’Ariane.

À voir : CUBE, un film canadien d’horreur fantastique réalisé à petit budget par Vincenzo Natali en 1997. Un groupe de sept personnes se trouvent enfermées dans un dédale tri-dimensionnel de cubes. Chaque cube est de différentes couleurs et de surcroît, piégé. Ils ne se rappellent pas comment ils se sont retrouvés là, ni ne savent comment faire pour sortir. Que les plus vigilants survivent! Une atmosphère de peur, de finalité imminente et de claustrophobie sévit, sans compter sur la paranoïa qui croît dans l’esprit de chacun des protagonistes comme dans le vôtre.


PRATIQUEZ-VOUS ici À VOUS PERDRE ET VOUS RETROUVER.

Au Québec : Memphrémagog - Hangar 16Arbre en arbre Duchesnay


Ailleurs : Wikipedia (anglais) ; Adrian Fisher Mazes Limited et son World Wide Database ; Ashcomb Maze ; le plus grand dédale au monde soit celui de la Plantation Dole à Hawai ; au jardin du dédale enchanté ; Maze and Labyrinth Gardens in History ; Hedge mazes ; par un maniaque de dédales et labyrinthes ; un autre plus grand au monde!


TOUT CE QUI CONCERNE LES LABYRINTHES ET LES DÉDALES ici.

Jardin - Parcours précis - Labyrinthe

Le labyrinthe (1) : on y entre, on suit un sentier qui peut paraître interminable, qui peut éveiller nos peurs d’être pris au piège, mais on en sort sans effort. Car il y a une seule route à suivre.

Le labyrinthe végétal : bon pour une marche emmurée. Visuellement élégant, imposant, impressionnant, vu de haut ou d’ailleurs. Voyez l’effet de se trouver entre ses murs.

Le labyrinthe obéit généralement aux règles de la géométrie sacrée. En architecture, en sculpture, en peinture, la «divine proportion», terme de Leonardo Da Vinci, définit le nombre d'or soit 1,61803399, désigné par la lettre grecque Φ (phi), en l’honneur de Phidias l’architecte du Parthénon. L’idée que toute chose devisée par ce nombre serait auréolée de beauté, d’équilibre et de perfection est unanime. Ce qui ne l’est pas c’est que ce soit le seul nombre qui en soit capable. On le retrouve fréquemment dans le rapport des longueurs, des surfaces et des formes de chefs d’œuvre tels la pyramide de Chéops, le temple de Salomon, le dôme de Milan, les temples égyptiens, grecs et les églises romanes et gothique, et certains tableaux de la Renaissance. Des peintres tels Dali et Picasso, ainsi que des architectes comme Le Corbusier, eurent recours au nombre d'or. C'est le nombre qui caractérise l'emplacement du nombril par rapport à l'ensemble du corps humain et la proportion entre la population des ouvrières d’une ruche et celle des faux-bourdons. C'est aussi le rapport d'écartement entre les feuilles des arbres afin d'éviter que, mutuellement, elles ne se fassent de l'ombre.

Généralement de forme circulaire, les labyrinthes sont divisés en trois ou quatre parties égales. Les parois des corridors varient subtilement. On ouvre ici, on ferme là, question de rendre le trajet sinueux et de maintenir un équilibre confondant sur l’ensemble à vue de nez.

Maïs, thuya, buis, charpente, tissus, canvas, papier, herbes rases ou hautes; éphémère ou permanent, les labyrinthes sont fait de toutes sortes de matériaux et occupent toutes sortes de superficies, il y en a même des portables. On fait l’expérience des labyrinthes par l’odorat, la vue, l’ouïe et le toucher, tel au Jardin des cinq sens.

Il existe des sociétés de labyrinthes qui cumulent une multitude d’informations intéressantes : The Athanasius Kircher Society, spécialisée en curiosités, a un annuaire des labyrinthes du monde entier; au Canada, nous avons l’Edmonton Labyrinth Society. Au Québec, entre autres, le Lait-byrinthe de Coaticook avait l’habitude de nous amuser, les labyrinthes de la ville de Québec.

Labyrinthes à voir : L’Univers des labyrinthes, Labyrinthus,

Arts visuels à voir : Patrick Conty (1), peintre; Christian Lamirand, peintre.

vendredi 13 juillet 2007

Jardin - Parcours précis

Un parcours précis au jardin pour prendre son temps, perdre son temps, consacrer son temps ou pour sauver du temps. Le labyrinthe, le dédale, le mandala, la spirale, le cercle et ses anneaux : des tracés qui nous engagent à se rendre en leur centre ou juste à en revenir.

Insouciant, on déambule dans leurs tournants. On ressent la majesté de la nature sans pleinement réaliser que l’histoire de l’humanité devise sur les formes hautement symboliques de ses tracés depuis plus de 5,000 ans. Le labyrinthe, le dédale, le mandala, la spirale et le cercle et ses anneaux sont, en fait, les plus vieilles figures de la pensée humaine. Ils représentent la recherche de la Vérité. Ils présagent la possibilité d’égarement, le fil conducteur, la notion de non-retour, la confrontation à la mort. Ils favorisent la circulation des énergies, la recherche d’un équilibre durable de la vie, de l’homéostasie. Ils représentent l’Homme obscur à lui-même, qui par la connaissance de soi, tente de combattre le mal intérieur qui menace de le consumer. Ils représentent l’Homme perdu dans l’Univers Infini, qui par la connaissance du monde, tente de déterminer d’où il vient, où il est et où il va. Ils représentent le Tout, l’Unité, l’ordre et le chaos de la conscience. Tour à tour, ces constructions ou leur usage ont fait figure de barrière, de protection, d’horloge, de calendrier, de cosmogonie, de repère, de parcours initiatique, de pèlerinage, de chemin de pénitence, de guide religieux, de guérisseur spirituel et physique, de support à la méditation, de stratège, de témoignage, de passage dans un univers parallèle, d’expression d’art, de jeu ludique et de quête aventureuse de l’amour. Richesse des sens et de l’imaginaire.

De quoi réfléchir lors de vos prochaines promenades!